Pré-éclampsie…c’est quoi ce truc?

Pré-éclampsie, mais kezako ?  Alors en fait c’est une pathologie de la grossesse qui intervient généralement dans le courant du 3eme trimestre et le plus souvent sur une première grossesse. On n’en parle pas beaucoup et pourtant c’est une des causes majeures de mortalité maternelle et infantile partout dans le monde. C’est simple, si la femme enceinte a le droit chaque mois à une prise de la tension et une analyse pipi c’est pour prévenir cette pathologie car les trois principaux symptômes sont : hypertension (> 14,9), œdèmes (rétention d’eau significative) et protéines dans les urines (> 300mg/24h = signe d’un disfonctionnement des reins).

Et cette complication de la grossesse peut vite avoir de lourdes conséquences : éclampsie (convulsions pouvant mener au coma), AVC, HELLP Syndrom (je l’expliquerai juste après), retard de croissance intra-utérin, décès… Sympa non ?

L’origine : malheureusement on ne sait pas trop…en gros le corps ne supporte plus la grossesse et ça peut arriver à n’importe qui.

Remède : provoquer l’accouchement est le seul traitement !

 

Personnellement j’ai fait connaissance de la pré-éclampsie à 6 mois de grossesse environ lorsqu’une amie a fait une pré-éclampsie dégénérée en HELLP Syndrom.

Le syndrome HELLP, abréviation américaine qui signifie hémolyse, élévation des enzymes du foie et faible numération des plaquettes sanguines. L’hémolyse est la destruction des globules rouges dans le foie. C’est une fonction normale de l’organisme, mais quand elle est accélérée, comme dans le cas du syndrome HELLP, les cellules sont tuées plus vite qu’elles ne peuvent être remplacées et il en résulte une anémie. L’élévation des enzymes hépatiques est le signe de l’inflammation ou de l’hyperactivité du foie. Les plaquettes sanguines sont de minuscules composants du sang en grande partie responsables de la coagulation. Chaque fois que le sang est pauvre en agents coagulants, le risque d’hémorragie augmente, surtout dans le cerveau.

Elle a donc subi une césarienne en urgence vers 7 mois de grossesse. Dieu merci son bébé allait très bien et elle s’est vite remise de cette très fâcheuse péripétie.

A partir de cet évènement je me suis renseignée et c’est devenu ma peur number one ! Surtout que l’amie en question ne se doutait pas de ce qui se déroulait dans son corps lorsqu’elle s’est pointée à la maternité pour des brûlures d’estomac et qu’elle en est sortie des jours plus tard avec son bébé dans les bras ! Alors, j’avais surtout peur de ne pas m’en rendre compte et de mettre la vie de mon bébé en danger (et la mienne au passage aussi).

Mais ma sage femme m’avait rassurée sur ce point en m’expliquant que le suivi de la femme enceinte servait justement à détecter toute complication et que de toute manière il y aurait bien au moins un symptôme qui me pousserait à consulter en cas de problème.

C’est donc l’esprit plus au moins tranquille que j’ai poursuivi ma grossesse. Ma formidable grossesse : zen, épanouie…. Aaaaah (de plaisir) qu’est ce que j’étais heureuse, je me sentais bien, je me trouvais belle… Aucune nausée, aucune douleur (exceptées ligamentaires), aucun tracas… un vrai bonheur !

 

Trop zen la meuf!

 

Alors quand vers sept mois et demi de grossesse j’ai commencé à ressentir des sensations désagréables : bouffées de chaleur, pressions sur la poitrine, rétention d’eau…Je ne me suis pas inquiétée car il était évident que le gros ballon que j’avais en guise de ventre commençait à faire pression sur mon corps.

Mais 10 jours avant la fin de mon huitième mois j’ai commencé à avoir des petites douleurs dans le bas du dos  et des picotements quand je faisais pipi. Là je me suis dit que ça ressemblait à une infection urinaire et mon fort intérieur m’a poussé à consulter. J’ai appelé ma maternité pour demander un rdv avec le gyneco et on m’a expliqué qu’à mon stade de grossesse pour ce genre de désagrément il fallait aller aux urgences. Ce que j’ai fait immédiatement.

Je me suis donc pointée aux urgences avec ma suspicion d’infection urinaire. On m’a fait toutes les vérifications classiques des urgences maternité : pipi (of course), dynamap (vérification de la tension plusieurs fois sur un temps donné) et monitoring fœtal (vérification du rythme cardiaque du bébé sur un temps donné). Au bout d’une heure on m’annonce que j’ai peut être une infection urinaire mais pas que… En effet, ma tension est trop haute (jusqu’à 16,9) et on a trouvé des protéines un peu trop élevées dans mes urines. On m’explique alors qu’il faut que je fasse d’autres tests : prise de sang et récupération d’urines sur 24h. Personnellement ma cloche intérieure a déjà sonné le glas : « pre-éclampsie je te vois venir avec tes gros sabots ! »

J’ose prononcer le terme fatidique  au médecin qui s’étonne alors de ma connaissance et me rassure ne me disant que pour l’instant on ne peut pas confirmer ce diagnostic. Je lui demande alors s’il y a un traitement à mon souci et il me répond très vivement : « oui, sortir bébé de votre corps ! ». AH !

euh…j’ai peur là!

Je suis rentrée chez moi ce jour là, dépitée, avec un gros bocal dans lequel je devrais uriner durant 24h et un rdv le lendemain aux urgences. Ma sage femme avait raison : il y a toujours quelque chose qui vous pousse à consulter en cas de complication ; mais j’avoue que là, je ne m’y attendais pas. Le soir, jJe me demande même si un effet placebo est possible. Je repense à ce film de Claude Lelouch « Hommes femmes mode d’emploi » où un diagnostic de cancer est interverti entre un homme malade et un homme sain, et l’homme malade guérit alors que l’autre se croyant malade développe un cancer…bref, j’ « hallucine » total sur le fait que je développe cette complication que je ne connaissais même pas 2 mois auparavant. Et mon loup de mari me rassure alors en me disant que oui, il serait fort possible que mon tordu de cerveau ait transmis l’information à mon corps. Sympa  le loup!

Le lendemain nous sommes donc retournés à la maternité : tension toujours haute, gros bocal pipi en route vers le labo mais heureusement résultat de prise de sang impeccable donc pas de syndrome HELLP en cours. Mais, on me fait une écographie qui signale que mon bébélouve est trop petite pour son terme et que l’on soupçonne une restriction de croissance intra-utérine…et ça…je ne peux le supporter 😦  Par pitié Seigneur, faite que mon bébé naisse en bonne santé.

On est tout de même rentrés à la maison ce jour là.

Le lendemain je suis réveillée à 8h du matin par un appel de la maternité qui me demande de venir au plus vite. J’y suis allée. Protéinurie sur 24 heures positive, le pronostic est confirmé : pré-éclampsie, on m’hospitalise dans l’heure qui suit. Mon loup est au travail et je n’ai aucune affaire avec moi, ni de valise de maternité préparée (heureusement j’avais quand même un peu anticipé en expliquant à mon loup où tout se trouvait).

A partir de là, l’hopital devient ma nouvelle maison, je suis sous traitement médicamenteux pour la tension, je dois restée allongée et bébé & me sommes ultra surveillées. Un jour plus tard je suis transférée dans une maternité de niveau 2 avec service de néonatalogie pour pouvoir accueillir mon bébé et sa restriction de croissance. Je serai toujours ultra surveillée jusqu’à ce que j’atteigne quasi 8 mois de grossesse et que mon état de santé ne se maintienne plus trop, pour qu’enfin on déclenche mon accouchement.

Bébélouve est née par voie basse le 21 juillet 2012 à 16h24 avec un poids de 1kg960 + quelques difficultés de régulation thermique + quelques carences + difficulté à s’alimenter et digérer. On est restées encore 15 jours en service néonat.  Pour ma part tout est vite rentré dans l’ordre excepté la tension qui a eu tout de même du mal à baisser.

Je suis restée quasi 3 semaines enfermée à la maternité, je me sentais comme un habitant de secret story, le jour où je suis sortie j’étais complètement déphasée!

 

Monsieur s’il vous plait, on est quel jour de quelle année?

Mais aujourd’hui tout va bien et je remercie le ciel que tout se soit relativement bien passé et que bébélouve soit en parfaite santé désormais.

Je tenais à raconter cette histoire pour parler de la pré-éclampsie qui touche beaucoup plus de femmes enceintes qu’on ne le pense (oui avec mon amie HELLP syndromée on s’est rendu compte que c’était pratiquement une mode autour de nous !).

Ça s’est bien passé pour moi et pour mon amie mais les choses ont mal tournées pour d’autres donc mieux vaut être alertes.

Parlez-en autour de vous et surtout, chères louves, soyez vigilantes à la moindre inquiétude durant votre grossesse : il est préférable de passer pour une relou accroc aux urgences maternité ou une relou hypocondriaque, que mettre en péril votre santé et celle de votre louveteau. Mais pas d’inquiétude démesurée, sachez que chaque mois vous êtes bien surveillées (ce qui ne vous empêche pas d’évoquer le sujet avec l’équipe médicale pour vous rassurer).

Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet je vous conseille ce site qui est pas mal : www.apape.fr

 

Je vous souhaite à toutes de belles grossesses sans problèmes !

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2 réflexions au sujet de « Pré-éclampsie…c’est quoi ce truc? »

  1. J’espère sincèrement que ton amie HELLP syndromée ne t’a pas induit cette idée que tu aurais développée par auto- persuasion! Comme dans Inception… Flippant! En tous cas bien vu l’effet « retour vers le futur », avec les couvertures des magazines qui ont changé à ton insu dans les kiosques, les vitrines des magasins idem, etc…

  2. Bonjour, j’ai accouché le 28 août 2012 d’un petit garçon au bout de 34 semaines et 4 jours de grossesse. Pareil que votre amie, j’ai été diagnostiqué pré-éclampsie avec HELLP suite à une visite chez ma généraliste pour un mal de dos que je traînait depuis 2 semaines. Je croyais avoir déplacé une vertèbre avec le poids du ventre, finalement c’était mon estomac qui me faisait des douleurs. Je ne faisait pas d’hypertension, j’avais très peu de protéines dans l’urine et très peu d’oedeme aux chevilles. J’ai été hospitalisé le soir même et le lendemain matin on a décidé de me faire une césarienne en urgence puisque le niveau de plaquettes dans mon sang était en chute libre. Attendre plus longtemps aurait pu me coûter la vie, car le moindre hémorragie aurait été impossible d’arrêter. La césarienne s’est faite sous anesthésie locale. Mon garçon ne pesait que 1780 grammes, avait également des problèmes de digestion et d’alimentation. Il a du rester en néonatalogie pendant 5 semaines. Moi-même, je suis resté 10 jours en maternité, chambres à part donc. Aujourd’hui, mon garçon se porte très, très bien. Il n’a aucun retard en rien et il est plus grand et carré que beaucoup d’enfants de son age. Faut dire que je me suis occupé de son cas……….
    Nous avons voulu tenter une deuxième grossesse assez rapidement par la suite et donc je me suis trouvé de nouveau enceinte au mois de janvier 2013 (ce qui n’est normalement pas conseillé après une césarienne, mieux vaut attendre un petit peu plus longtemps). Cette grossesse se déroulait très bien, j’étais sous micro-doses d’Aspirine pour améliorer le flux sanguin entre moi et le placenta à fin de permettre une meilleure croissance au petit bébé. Jusqu’à une nuit à 7,5 mois de grossesse ou je me suis réveillé avec des douleurs importantes au ventre. Je croyais a une intoxication alimentaire, ça ressemblait à des crampes d’intestins. Une visite aux toilettes n’a rien donné, à part un léger fourmillement au bout de la langue. Comme les douleurs ne passaient pas, j’ai réveillé mon mari qui m’a amené aussitôt à l’hôpital. Arrivé sur place, ils ont constaté le décès de notre deuxième garçon suite à une hémorragie rétro-placentaire, alors que je l’avais senti bouger pas plus tard que le midi. A 7,5 mois, votre bébé est fini. Il ressemble à quelqu’un. Il a des cheveux, des doigts, des yeux, etc. Là ça a été très, très dur. On cherche la faute, l’erreur commisse. Qu’est-ce qu’on aurait du faire autrement? Est-ce que j’ai été trop active dans la journée? Est-ce que je me suis cogné? Est-ce que je suis trop vieille (37 ans). Est-ce que je n’ai pas fais assez attention à ma santé? Pourtant, j’avais arrêté de fumer avant la grossesse du premier. J’ai fait attention à mon alimentation, car non immunisée contre la toxo. Et non, le spécialiste vous réponds:  » Ça peut arriver à tout le monde et n’importe qui ». Voilà, vous avez tiré le mauvais lot.
    Il y a tant de choses auxquelles nous ne sommes pas préparées lors d’une grossesse et quelque part c’est bien, car vivre une grossesse dans l’angoisse n’est pas bon pour le bébé, ni pour la mère. Sauf quand ça vous tombe dessus.

    Nous voulons (surtout moi, le papa m’a vu partir 2 fois…….) quand même offrir un frère ou une soeur à notre fils, donc nous avons consulté un spécialiste pour évaluer les risques. J’ai fait toutes les test génétiques, bilan sanguin, etc. Rien n’indique une pathologie quelconque. Le spécialiste nous a annoncé qu’il y a environ 30% de risque qu’il y a de nouveau un problème, que ce soit une pré-éclampsie, un bébé de taille faible, une hémorragie ou quoi que ce soit d’autre. Alors nous avons conclu avec lui que 30% de risque veut dire également 70% de chance que tout se passe sans aucun problème. Je serais surveillé plus régulièrement et cette fois-ci je n’hésiterais pas à aller consulter dès les premières douleurs ou qu’elle soient dans mon corps. Croisons les doigts.

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